Clarity by Lumos Inspection

Guide de l’acheteur

Comprendre les défauts qui reviennent dans les rapports d’inspection

Un sujet par page, écrit pour un acheteur : ce que c’est, comment l’inspecteur le voit, ce que ça coûte, quoi faire avant de lever la condition. Mis à jour le 8 septembre 2026.

  1. 01

    Pyrite dans le remblai : est-ce grave, et combien ça coûte ?

    La pyrite est un minéral présent dans certains remblais de pierre concassée placés sous les dalles de béton (garage, sous-sol). En s’oxydant au contact de l’humidité, elle gonfle et soulève la dalle, qui se fissure. Le problème est courant dans les maisons québécoises construites des années 1970 à la fin des années 1990, il se mesure par un test de laboratoire, et sa correction consiste à remplacer le remblai et la dalle.

  2. 02

    Ocre ferreuse : peut-on acheter une maison qui en a ?

    L’ocre ferreuse est un dépôt gélatineux couleur rouille qui se forme quand des bactéries transforment le fer dissous dans l’eau du sol. Elle colmate progressivement le drain français et peut mener à des infiltrations au sous-sol. On ne l’élimine pas : on la gère par un drain accessible, des regards de nettoyage et un entretien régulier. Une maison touchée s’achète, mais en connaissance de cause et avec le bon budget.

  3. 03

    Vermiculite dans le grenier : faut-il craindre l’amiante ?

    La vermiculite est un isolant en vrac, granuleux et brillant, très utilisé dans les greniers et les murs des maisons construites avant 1990. Une grande partie de celle vendue au Canada provenait d’une mine dont le minerai contenait de l’amiante. Tant qu’elle n’est pas dérangée, elle ne libère pas de fibres ; c’est au moment de rénover, d’isoler ou de percer qu’il faut la faire analyser et, au besoin, la faire retirer par une entreprise spécialisée.

  4. 04

    Tuyauterie Poly-B : faut-il tout remplacer avant d’acheter ?

    Le polybutylène (Poly-B) est un tuyau de plomberie en plastique gris, installé dans beaucoup de maisons et de condos entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1990. Il vieillit mal : il se fragilise, se fissure et fuit, souvent sans signe avant-coureur. Beaucoup d’assureurs refusent de couvrir les dégâts d’eau ou exigent son remplacement. On peut acheter une maison qui en a, mais en budgétant son remplacement et en le disant à l’assureur.

  5. 05

    Panneau électrique Federal Pioneer (Stab-Lok) : faut-il le remplacer ?

    Les panneaux Federal Pioneer de type Stab-Lok, très répandus dans les maisons canadiennes des années 1950 à 1980, sont réputés pour des disjoncteurs qui ne se déclenchent pas toujours en cas de surcharge, donc pour un risque d’échauffement et d’incendie. Beaucoup d’assureurs et d’inspecteurs recommandent leur remplacement. Ce n’est pas un défaut caché : le nom est sur la porte du panneau.

  6. 06

    Câblage électrique en aluminium : danger ou simple précaution ?

    Entre 1965 et 1975 environ, le cuivre coûtait cher et beaucoup de maisons ont été câblées en aluminium. Le fil lui-même n’est pas dangereux ; ce sont ses connexions qui posent problème : l’aluminium se dilate, s’oxyde et se desserre aux prises, interrupteurs et raccords, ce qui peut chauffer. La réponse n’est pas de tout recâbler, mais de faire vérifier et sécuriser chaque connexion par un maître électricien.

  7. 07

    Radon : faut-il tester avant d’acheter une maison ?

    Le radon est un gaz radioactif naturel, sans odeur ni couleur, qui provient du sol et s’accumule dans les sous-sols. Santé Canada le classe comme la deuxième cause de cancer du poumon au pays après le tabac, et estime qu’environ 7 % des maisons canadiennes dépassent la ligne directrice de 200 becquerels par mètre cube. On ne peut ni le voir ni le deviner d’après le quartier : seul un test le mesure, et un test fiable dure au moins trois mois.

  8. 08

    Vices cachés et garantie légale : que couvre-t-elle vraiment ?

    Au Québec, le vendeur d’une maison garantit l’acheteur contre les vices cachés : un défaut grave, existant au moment de la vente, inconnu de l’acheteur et qu’un acheteur prudent ne pouvait pas déceler. Ce que l’inspecteur a vu et écrit dans son rapport n’est plus caché : c’est là que le rapport d’inspection change tout. Et si l’acte de vente dit « sans garantie légale, aux risques et périls de l’acheteur », ce recours disparaît.

  9. 09

    Condition d’inspection : combien de jours, et que peut-on faire avec ?

    La condition d’inspection est la clause de la promesse d’achat qui vous permet de faire inspecter la maison et, selon le résultat, de renégocier ou de vous retirer sans pénalité. Au Québec, le délai courant est de 7 à 10 jours après l’acceptation, parfois moins en marché chaud. Ce délai doit contenir l’inspection, la lecture du rapport, les vérifications complémentaires et, au besoin, des soumissions. Il ne se prolonge que si le vendeur l’accepte par écrit.

  10. 10

    Acheter « sans garantie légale, aux risques et périls de l’acheteur » : que signifie cette clause ?

    Cette clause retire à l’acheteur le recours pour vices cachés que le Code civil lui accorde normalement. Elle est fréquente dans les successions, les reprises de finance et les ventes par des propriétaires qui n’ont jamais habité la maison. Elle n’autorise pas le vendeur à mentir : s’il connaissait un vice et l’a tu, le recours subsiste. Mais pour tout le reste, l’acheteur assume. L’inspection devient alors la seule protection, et le prix doit refléter le risque.

  11. 11

    Chauffe-eau de plus de 10 ans : faut-il le remplacer avant d’acheter ?

    Un chauffe-eau à réservoir dure en général 10 à 12 ans. Passé cet âge, le risque de fuite du réservoir monte vite, et un réservoir qui lâche vide des dizaines de litres au sol. C’est pourquoi beaucoup d’assureurs demandent son remplacement ou excluent les dégâts d’eau d’un appareil trop vieux. La date de fabrication est sur l’étiquette : c’est la première chose à lire.

  12. 12

    Infiltration d’eau au sous-sol : pourquoi la pente du terrain est souvent la cause

    La plupart des infiltrations au sous-sol ne viennent pas d’une fondation défectueuse, mais de l’eau de surface qu’on laisse s’accumuler contre les murs : terrain qui descend vers la maison, gouttières qui déversent au pied des fondations, plates-bandes qui retiennent l’eau. La règle usuelle est un sol qui s’éloigne de la maison avec une pente d’au moins 15 cm sur les 3 premiers mètres, et des descentes de gouttières prolongées loin des murs. Ce sont des correctifs peu coûteux, à faire avant de soupçonner le drain.

  13. 13

    Que ne voit pas une inspection préachat ? Les limites à connaître

    Une inspection préachat est visuelle et non destructive : l’inspecteur examine ce qui est visible et accessible le jour de la visite, sans percer, démonter ni déplacer les meubles lourds. Il ne voit pas l’intérieur des murs, sous la dalle, dans le drain, ni la toiture sous la neige. Ce qu’il ne peut pas examiner est inscrit comme limitation dans le rapport. Ces limitations ne sont pas des détails : elles dessinent ce que vous achetez sans le savoir.

  14. 14

    Comment choisir un inspecteur en bâtiment au Québec, où la profession n’est pas réglementée

    Au Québec, n’importe qui peut se dire inspecteur en bâtiment : il n’existe pas d’ordre professionnel ni de permis obligatoire. La protection vient d’ailleurs : l’OACIQ oblige le courtier à recommander un inspecteur qui détient une assurance responsabilité professionnelle, applique une norme de pratique reconnue (la BNQ 3009-500 fait référence), utilise une convention de service écrite et remet un rapport écrit. Les associations comme l’AIBQ et l’APCHQ exigent formation et assurance de leurs membres. Ce sont ces quatre critères qu’il faut vérifier.

  15. 15

    Drain français : comment savoir s’il fonctionne encore ?

    Le drain français est le tuyau perforé posé au pied des fondations, qui capte l’eau du sol et l’évacue vers l’égout ou un bassin de pompe. Il est enterré, donc invisible : l’inspecteur ne peut pas juger son état. Les indices sont indirects (humidité, efflorescence, pompe qui tourne, dépôts d’ocre), et le seul examen fiable est l’inspection par caméra, faite par un spécialiste à partir d’un regard de nettoyage. Sans regard, il faut en créer un.

  16. 16

    Humidité et moisissure dans une maison : quand faut-il s’inquiéter ?

    Santé Canada recommande de maintenir l’humidité relative d’une maison entre 30 et 50 %. Au-delà, l’eau se condense sur les surfaces froides (fenêtres, coins de murs, sous-sol) et la moisissure s’installe en quelques jours. Une petite surface sur un joint de douche se nettoie ; une tache qui revient, une odeur de cave ou une surface qui s’étend signalent une source d’eau à trouver, pas un problème de ménage. L’inspecteur signale ce qu’il voit et mesure parfois l’humidité, mais il ne fait pas d’analyse de moisissure.